Dans
la famille Folliot, on avait pour habitude de se retrouver tous dans
la maison de mes grands-parents maternels pour Noël. Ce Noël-ci,
celui de mes 12 ans, était très spécial. En effet, mon arrière
grand-mère était morte dans son sommeil.
Toute
la famille était en deuil le jour de Noël, ça faisait tout drôle,
mais en même temps je les comprenais. Andréane, mon arrière
grand-mère, était quelqu'un de formidable, vraiment formidable.
Elle était généreuse, gentille, drôle et avait un grand cœur.
Elle n'avait pas voulu d'enterrement, je la reconnaissais bien là. A
chaque fois qu’on lui parlait de cérémonie ou de fête, elle nous
riait au nez. Sans doute était-elle mal à l'aise lors de ces
événements «mondains», comme aimait les appeler Mémé.
Elle
était vraiment spéciale, et est morte d'une façon si quelconque
que ça me peine pour elle. Elle qui aimait être le «centre du
monde». Elle qui aimait parler de tout et de rien avec tout le
monde, pour, disait-elle, passer le temps. Elle qui aimait les robes
à frou-frou, les bijoux «bling-bling», le maquillage à paillettes
et les barrettes à fleurs. Je la vois encore dans mes souvenirs avec
sa chevelure couleur feu, sa peau blanche telle du marbre et ses yeux
bleus d'une douceur exquise.
La
mort de mémé m'a appris quelque chose. Le temps n'est ni
extensible, ni rétractable. Le temps ne se contrôle pas. S'il
décide que tu as assez vécu, personne ne peut changer cela et tu
dois faire en sorte de mourir dignement plutôt que mourir dans le
déshonneur où ta fierté et ton honneur se sont fait la malle.
Quand tu es comme moi, jeune, sensible, innocente, sans expérience
dans la vie (enfin pas beaucoup) et que d'un seul coup tu te
retrouves confrontée à la mort d'un proche, tu te dis : « Mémé
est morte, et si demain ça arrivait à Maman, à Papa, à ma
meilleure amie ou même à moi ? Vite, je ne peux pas me permettre de
rater encore un moment avec eux. Je veux avoir les meilleures
expériences avec eux, je veux avoir les plus beaux, les plus
fantastiques, les meilleurs moments de toute me vie avec eux.».
Le
temps n'est peut-être pas extensible mais le sentiment d'impuissance
face à la mort dure toute la vie. Tu ne t'en débarrasses que quand
tu pars dans l'au delà, dans un sommeil sans fin, comme celui de «La
Belle au bois dormant», mais cette fois-ci le prince est mort dans
le piège de la méchante Maléfique.
Je
vais peut-être répéter mes propos mais j'aurais voulu avoir plus
de temps avec ma Mémé. Elle était très importante pour moi. Je ne
me ferai plus jamais avoir maintenant, j'ai compris la leçon et le
manège de la mort. Toute ma vie, je ne raterai plus une occasion de
rester avec ma famille, mes amies ou même mes animaux de compagnie.
La vie est très courte, il faut profiter de chaque moment présent,
qu'il soit joyeux, triste, bon ou médiocre, ça on s'en fiche, tant
que vous êtes en vie.
La
mort, elle, n'attend pas et emporte tout sur son passage. Que ce soit
un animal, une personne quelconque, un président, un Roi, un prince,
un bébé, elle ramasse les vies avec sa faulx d'un noir éclatant et
les emmène au paradis ou en enfer. Mémé, elle, est au paradis.
Même si elle ne croyait pas à ces histoires, lorsqu'elle est montée
au ciel, les portes du paradis l'attendaient, grandes ouvertes.
Camille
FOLLIOT (3A)
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